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sof1412
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Blog sur l'actualité, l'humeur du jour, les voyages, et autres impressions personnelles...
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18.10.2007
Dernière mise à jour :
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La rencontre

La rencontre

Posté le 06.01.2008 par sof1412
Nous n’avons pas le temps. Pourtant nous avons la montre comme dit le proverbe africain.

Le monde dans lequel nous vivons nous presse, et nous emporte dans une course effrénée. Le premier arrivé sera le premier servi.
Il n’y a pas de place pour tout le monde ; surtout pas pour cette nouvelle espèce d’individus que l’on appelle « les voyous ».
Le discours politique de notre Président et la pensée de tout ceux qui approuvent ce qui est dit pourrait être résumée ainsi. La vie est dure pour tout le monde, alors c’est chacun pour soi et Dieu pour tous.

La République d’aujourd’hui n’essaye même plus de se vanter de ses valeurs dont l’Egalité fait partie, elle favorise « ceux qui veulent s’en sortir » et laissera dans la merde les autres, parce qu’au fond ils l’auront bien cherché.
Comme si une espèce d’individus génétiquement modifiés étaient prédisposés à ne pas vouloir s’en sortir et à foutre la merde dans notre monde déjà relativement bien bordélique.
Alors, pour s’opposer à ces propos, on parlera de sentimentalisme, de pitié…alors qu’il s’agit ici de véritable objectivité et d’égalité des traitements.
Le parallèle entre l’immigration « choisie » et le traitement de la délinquance en banlieue est une véritable preuve de la récupération politique d’extrême droite, qui dans la bouche d’un « républicain » auto- proclamé, passe comme une lettre à la poste alors que c’est une véritable provocation et la honte pour notre pays.

Tout ceux qui essayent de rassembler les gens au-delà des barrières ne sont que des utopistes nourris de pitié. Ce qui devrait rassembler est soit disant le travail…encore faut-il qu’il y en ait pour tous. Alors, si sans travail, les gens sont exclus, c’est aussi qu’ils l’ont bien cherché après tout…

L’évocation du fait que le meurtre d’un fonctionnaire est un véritable crime signifie également implicitement que le meurtre d’un français lambda ne l’est pas, ou qu’il serait traité de manière différente. La vérité, c’est que le traitement réservé par la justice et avant par la répression (Police) dans notre pays n’est pas le même ; c’est comme ça, et il suffit de se souvenir que l’on a jamais contrôlé mon identité ou mes papiers alors que mon voisin Mohamed est contrôlé fréquemment malgré sa nationalité française. Il s’agit ici d’un fait objectif qui témoigne d’une inégalité réservée par les institutions républicaines.

Il ne sert strictement à rien de prétendre définir une identité nationale (chose fluctuante dans le temps et non figée) lorsque l’on réserve des traitements différents aux citoyens français et que l’on tente de dresser une partie de la population contre elle-même.

Les différences sémantiques utilisées pour désigner les « victimes » et les « voyous » semblent figer dans le temps des groupes d’individus bien définis et creuse encore davantage le fossé qui sépare ceux qui réussissent à vivre et ceux qui ne parviennent qu’à survivre. On efface les raisons venant de la misère sociale en appuyant sur le caractère voulu ou déterminé du crime.
Alors ceux qui ne verront jamais l’autre côté de la barrière continueront à fantasmer sur les dangers de tels espèces d’êtres humains sans jamais essayer de comprendre et donc de résoudre durablement les problèmes.
Le travail des associations est grand, et celui-ci ne cesse d’ailleurs jamais d’être récupéré au crédit des hommes politiques alors que nous vivons aussi dans un temps qui supprime de plus en plus les aides à la solidarité, et les subventions aux organismes sociaux.

Le temps d’une rencontre est celui que l’on se donne pour essayer de comprendre l’autre. Pour se décentrer de sa condition et se mettre à la place de l’autre. Cela demande de l’humilité et réserve souvent des surprises. Mais, de toutes les manières il favorise le dialogue, la compréhension et redonne du sens aux situations.

Les gens qui ignorent l’existence de l’autre, ignorent en même temps leur propre existence. Car, sans l’autre, un individu ne peut pas aller vers la réussite. Il va vers l’isolement et le désespoir. Et le désespoir nourrit les pires résolutions.

La vérité, c’est qu’un détail peut tout changer. Le regard projeté sur l’autre peut changer la considération qu’il a de lui-même. Si nous traitons toute une partie de la population comme de « pauvres gens », des incapables, ou des « nuisibles », alors ils le deviendront durablement. Si nous renvoyons chacun à sa responsabilité, il n’y a plus d’ambiguïté possible.

Chacun vit dans le rythme de la course effrénée, chacun dans sa cas(t)e, et les rencontres sont rares, où lorsqu’elles se produisent peuvent provoquer de graves conséquences. Car, il est grave de ne pas considérer chacun comme son équivalent. Lorsque l’Etat en vient tout naturellement à reproduire ce que les gens vivent, c'est-à-dire à considérer les gens selon leur origine sociale, leur nom ou leur couleur, alors il revient à légaliser un système basé sur la ségrégation.

La ségrégation sociale, spatiale ou raciale existe bel et bien ici et maintenant en France, et l’ignorer serait fermer les yeux sur la réalité. Fermer les yeux sur la réalité et essayer de se convaincre que nous vivons dans un beau pays qui revêt des valeurs républicaines toujours d’actualité, n’est que pure fiction.
Espérons que le rêve soit doux et long, car le réveil sera difficile et il arrivera…car comme après un bon film de fiction, la fin arrive et la réalité est toujours là dehors.




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